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Le Malraux de nouveau réformé et désormais plus souple !

Le Malraux de nouveau réformé et désormais plus souple !

Dans le but de le rendre toujours plus incitatif, le législateur a apporté de nouvelles modifications au nouveau régime « Malraux » (article 199 tervicies du CGI) dans la Loi de Finances Rectificative pour 2016 : outre son adaptation aux nouveaux zonages urbains, ses conséquences fiscales ont en effet été revues pour mieux correspondre aux enjeux entourant la restauration des immeubles concernés.

LES CONSEQUENCES DE LA LOI CREATION, ARCHITECTURE, PATRIMOINE

Applicable aux dépenses pour lesquelles une demande de PC/DP a été déposée à compter du 9/07/2016

La prise en compte de la création des Sites Patrimoniaux Remarquables

ConsĂ©quence de de la loi C.A.P n°2016-926 du 7 juillet 2016, la loi de finances rectificative pour 2016 intègre dans le champ d’application du rĂ©gime Malraux la crĂ©ation des sites patrimoniaux remarquables (SPR), 

Sont ainsi regroupés au sein de ce dispositif unique les anciens secteurs sauvegardés, AVAP et ZPPAUP.

Le dispositif Malraux n’est donc désormais applicable qu’au sein de trois zonages :

  • Les SPR (rĂ©sultant soit de la requalification des ex-secteurs sauvegardĂ©s, AVAP et ZPPAUP, soit de l’adoption d’un PVAP) ;
  • Les QAD ;
  • Les quartiers conventionnĂ©s NPNRU.

Le maintien de plusieurs taux applicables

En fonction du secteur concernĂ©, l’avantage fiscal Malraux permettait une rĂ©duction d’impĂ´t de 30% (secteur sauvegardĂ©, QAD ou NPNRU) ou 22 % ZPPAUP ou AVAP) du montant des dĂ©penses de travaux Ă©ligibles. 

Tout en intĂ©grant les consĂ©quences de la loi CAP, la loi de finances rectificative pour 2016 conserve cette distinction sectorielle par les taux. Seront donc concernĂ©s par le taux de : 
–    30% : les SPR avec PSMV approuvĂ©, les QAD et NPNRU ; 
–    22% : les SPR avec PVAP approuvĂ© ou dont le programme de restauration a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© d’utilitĂ© publique.
Pour plus d’information : Cf. notre bulletin consacrĂ© Ă  la loi CAP. 

UN DISPOSITIF RENDU PLUS ATTRACTIF

Applicable aux dépenses pour lesquelles une demande de PC/DP a été déposée à compter du 01/01/2017

Une prise en compte plus souple des dépenses de travaux éligibles

Désormais le plafond de dépenses de 400.000€ ouvrant droit à ce bénéfice n’est plus apprécié annuellement à raison de 100.000€ par an pendant 4 ans mais de façon pluriannuelle sur une période globale de 4 ans à compter de l’année de délivrance de l’autorisation de travaux.

Il sera donc possible de réaliser 400.000 € de travaux éligibles au cours d’une même année.

Un mĂ©canisme de report au titre des 3 annĂ©es suivantes est Ă©galement mis en place pour la fraction de la rĂ©duction d’impĂ´t qui ne serait pas imputĂ©e l’annĂ©e de rĂ©alisation des dĂ©penses faute d’impĂ´t sur le revenu suffisant.

Confirmation de la condition tenant Ă   la nature de l’immeuble

Le lĂ©gislateur vient confirmer le bĂ©nĂ©fice de la rĂ©duction d’impĂ´t Ă  tous les locaux destinĂ©s Ă  l’habitation après rĂ©alisation des travaux, y compris ceux qui ne l’étaient pas originellement. 

Il vient ainsi conforter la position déjà adoptée par le cabinet dans l’interprétation qu’il faisait des dispositions de l’article 199 tervicies du CGI.

Rappelons, en revanche, que les locaux destinés après travaux à un usage autre que l’habitation (commercial notamment) ne demeurent éligibles à ce dispositif que s’ils n’étaient pas originellement affectés à cet usage et que le produit de leur mise en location relève de la catégorie des revenus fonciers (locations nues).

Précisions importantes vis-à-vis du prélèvement à la source de l’IR

Le rĂ©gime Malraux verra son intĂ©rĂŞt prĂ©servĂ© lors de l’instauration du prĂ©lèvement Ă  la source (PLS): la rĂ©duction d’impĂ´t gĂ©nĂ©rĂ©e en 2017 sera imputĂ©e sur l’impĂ´t dĂ» au titre des revenus exceptionnels de 2017 et, Ă  dĂ©faut, fera l’objet d’un remboursement par l’Etat en 2018.

Quant au rĂ©gime Malraux ancien applicable jusqu’au 31 dĂ©cembre 2017, il ne prĂ©sentera plus d’intĂ©rĂŞt sauf en prĂ©sence de revenus exceptionnels. 
Aussi, il sera préférable de déclarer ces dépenses comme de simples déficits fonciers de droit commun.

Pour plus de prĂ©cision, Cf. notre bulletin dĂ©diĂ© Ă  l’instauration du prĂ©lèvement Ă  la source de l’IR.

Le point sur les QAD et NPNRU

Cette loi de finances rectificative pour 2016 étend l’éligibilité de ces zones aux dépenses de travaux supportées jusqu’au 31 décembre 2019 (contre 2017 actuellement).

Conséquences de l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au regard des opérations de restauration immobilière réalisées sous le régime des monuments historiques

Conséquences de l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au regard des opérations de restauration immobilière réalisées sous le régime des monuments historiques

BREF RAPPEL DU REGIME DES MONUMENTS HISTORIQUES

Le rĂ©gime des monuments historique permet l’imputation des dĂ©penses de travaux Ă©ligibles sur les revenus fonciers du propriĂ©taire.

Lorsque, au titre d’une annĂ©e, l’ensemble de ces dĂ©penses excède le montant des revenus fonciers positifs, l’excĂ©dent constitue un dĂ©ficit imputable sur le revenu global sans limitation de montant ; l’éventuel surplus est reportable uniquement sur le revenu global des 6 annĂ©es suivantes.

L’IMPACT DE L’INSTAURATION DU PRELEVEMENT A LA SOURCE DE L’IR SUR CE REGIME

Les dépenses de travaux exposées au cours de l’année 2017 et 2018 demeureront imputables respectivement sur les revenus des années 2017 et 2018.

Aucune règle particulière de prise en compte des dĂ©penses de travaux n’impacte donc ce type d’investissement contrairement Ă  ceux rĂ©alisĂ©s sous le rĂ©gime des dĂ©ficits fonciers de droit commun. Notons que la volontĂ© du lĂ©gislateur Ă©tait de ne pas pĂ©naliser les propriĂ©taires de tels monuments au titre de l’annĂ©e 2018 et c’est pourquoi les dĂ©penses rĂ©alisĂ©es au titre de cette annĂ©e seront pleinement dĂ©ductibles des revenus de cette mĂŞme annĂ©e, qu’importe l’annĂ©e d’acquisition de l’immeuble. 

Enfin, certaines charges considérées comme non-pilotables par cette loi (assurances, impôts et intérêts d’emprunt principalement) ne seront toutefois déductibles au titre de l’année 2017 que si leur exigibilité (et non leur paiement) intervient au cours de cette même année et ce donc contrairement aux règles ordinaires applicables en matière de revenus et charges foncières.

CONCLUSION

L’impĂ´t frappant revenus « ordinaires » de l’annĂ©e 2017 Ă©tant neutralisĂ© par le CIMR, seul restera dĂ» l’IR relatif aux revenus exceptionnels, hors champ du CIMR.

Ainsi, un investisseur ne recueillant pas de revenus exceptionnels ne sera redevable d’aucun IR au titre de l’annĂ©e 2017 et n’aura donc aucun intĂ©rĂŞt fiscal Ă  rĂ©aliser des dĂ©penses de travaux sous le bĂ©nĂ©fice du rĂ©gime monument historique puisque, par ailleurs, ces dĂ©penses 2017 n’emporteront aucune consĂ©quence sur la dĂ©termination des revenus fonciers de l’annĂ©e 2018.

En revanche, un investisseur recueillant des revenus exceptionnels sera redevable d’un IR rĂ©siduel au titre de l’annĂ©e 2017 qui pourra ĂŞtre rĂ©duit par la rĂ©alisation de telles dĂ©penses. 
Celles-ci engendreront en effet trois séries de conséquences :

  • En diminuant son revenu global, l’investisseur diminuera le montant brut de son IR ;
  • En diminuant prioritairement ses revenus fonciers, et donc ses revenus ordinaires, l’investisseur verra le ratio de son IR non neutralisĂ© par le CIMR augmenter ;
  • NĂ©anmoins, en diminuant son revenu global et donc son taux moyen d’IR, l’investisseur diminuera in fine son montant d’IR rĂ©siduel, non neutralisĂ© par le CIMR, dont il sera redevable.

Il s’agit donc d’un calcul complexe mais retenons que l’efficacitĂ© des dĂ©penses entreprises sera proportionnelle Ă  l’importance que reprĂ©senteront les revenus exceptionnels de l’investisseur dans son revenu global. 

Les profils pour qui ce dispositif fiscal s’avère particulièrement attrayant (pic de revenus et/ou revenu global important redondant) continueront donc d’y trouver leur intĂ©rĂŞt.

Rappel du particularisme de l’année 2017

L’IR relatif aux revenus de l’annĂ©e 2017 sera neutralisĂ© par un crĂ©dit d’impĂ´t exceptionnel dit de modernisation du recouvrement (« CIMR »). Cependant, seul l’IR relatif Ă  certains revenus considĂ©rĂ©s comme ordinaires se verra neutralisĂ© par ce crĂ©dit d’impĂ´t : l’IR affĂ©rent aux revenus considĂ©rĂ©s comme exceptionnels au sens de cette mesure ne fera, pour sa part, l’objet d’aucune neutralisation. 

Partant, l’année 2017 ne sera donc pas, pour de nombreux contribuables, une année « blanche ».

Ce qu’il faut retenir pour 2017

Il n’y aura d’intérêt à réaliser des dépenses MH qu’en présence de revenus exceptionnels au moins plus importants que les revenus ordinaires.

A défaut, se porter acquéreur, dès 2017, d’un monument historique en prévision de travaux ultérieurs n’impactera pas défavorablement leur traitement fiscal.

Conséquences de l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au regard des opérations de restauration immobilière réalisées sous le régime des déficits fonciers

Conséquences de l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au regard des opérations de restauration immobilière réalisées sous le régime des déficits fonciers

BREF RAPPEL DU REGIME DES DEFICITS FONCIERS

Le régime des déficits fonciers permet l’imputation des dépenses de travaux ayant la nature de dépenses d’entretien, réparation et amélioration sur les revenus fonciers du propriétaire.

Lorsque, au titre d’une annĂ©e, l’ensemble des dĂ©penses Ă©ligibles excède le montant des revenus fonciers positifs, l’excĂ©dent constitue un dĂ©ficit foncier imputable sur le revenu global dans la limite de 10.700 € ; l’éventuel surplus est reportable uniquement sur les revenus fonciers des 10 annĂ©es suivantes.

L’IMPACT DE L’INSTAURATION DU PRELEVEMENT A LA SOURCE DE L’IR SUR CE REGIME

Les dépenses de travaux exposées au cours de l’année 2017 seront déductibles, à la fois :

  • Des revenus de l’annĂ©e 2017 dans les conditions de droit commun, et un Ă©ventuel dĂ©ficit foncier gĂ©nĂ©rĂ© au titre de cette annĂ©e sera reportable pendant 10 ans lui aussi dans les conditions de droit commun après imputation sur le revenu global dans la limite prĂ©cĂ©demment citĂ©e de 10.700 € ;
  • Des revenus de l’annĂ©e 2018 Ă  hauteur de 50% de leur montant dans la mesure oĂą les charges foncières de l’annĂ©e 2018 seront constituĂ©es, en application de la loi, de la moyenne des dĂ©penses de travaux des annĂ©es 2017 et 2018. Corollairement, les dĂ©penses de travaux de l’annĂ©e 2018 ne seront donc retenues, au titre de l’annĂ©e 2018, que pour 50% de leur montant.

Notons que ces règles ne s’appliqueront ni aux immeubles acquis Ă  compter du 1er janvier 2018, ni aux travaux d’urgence dĂ©cidĂ©s d’office par le syndic de copropriĂ©tĂ© ou rendus nĂ©cessaires par l’effet de la force majeure. 

Enfin, certaines charges considérées comme non-pilotables par cette loi (assurances, impôts et intérêts d’emprunt principalement) ne seront déductibles au titre de l’année 2017 que si leur exigibilité (et non leur paiement) intervient au cours de cette même année et ce donc contrairement aux règles ordinaires applicables en matière de revenus et charges foncières.

CONCLUSION

L’imposition relative aux revenus fonciers de l’annĂ©e 2017 Ă©tant neutralisĂ©e par le CIMR, la rĂ©alisation de charges foncières au cours de cette annĂ©e ne permettra pas de rĂ©aliser d’économie d’IR sur les revenus 2017. 

A première vue, l’investisseur ne tirera donc profit de ses dépenses de travaux que pour 50% de leur montant sous forme de charges foncières de l’année 2018.

Trois hypothèses sont cependant à distinguer :

  • Situation « idĂ©ale » : celle d’un investisseur n’ayant aucun revenu foncier : 100% des charges foncières dĂ©caissĂ©es en 2017 seront valorisĂ©es en tant que dĂ©ficit foncier reportable (Ă  l’exception de l’imputation prĂ©citĂ©e sur le revenu global dans la limite de 10.700 €), portant l’effet de levier fiscal de l’investissement Ă  150% de son montant ;
  • Situation « dĂ©favorable » : celle d’un investisseur ayant des revenus fonciers supĂ©rieurs aux charges foncières dĂ©caissĂ©es en 2017 : aucun dĂ©ficit reportable ne sera gĂ©nĂ©rĂ© et l’effet de levier fiscal de son investissement plafonnera donc Ă  50% de son montant ;
  • Situation intermĂ©diaire : celle d’un investisseur ayant des revenus fonciers infĂ©rieurs aux charges foncières dĂ©caissĂ©es en 2017 : un dĂ©ficit reportable sera gĂ©nĂ©rĂ© mais d’un montant moindre Ă  celui de l’investissement, de sorte que l’effet de levier fiscal de ce dernier sera compris entre 50% et 150% de son montant selon l’importance de ses revenus fonciers.

Rappel du particularisme de l’année 2017

L’IR relatif aux revenus de l’annĂ©e 2017 sera neutralisĂ© par un crĂ©dit d’impĂ´t exceptionnel dit de modernisation du recouvrement (« CIMR »). Cependant, seul l’IR relatif Ă  certains revenus considĂ©rĂ©s comme ordinaires se verra neutralisĂ© par ce crĂ©dit d’impĂ´t : l’IR affĂ©rent aux revenus considĂ©rĂ©s comme exceptionnels au sens de cette mesure ne fera, pour sa part, l’objet d’aucune neutralisation. 

Partant, l’année 2017 ne sera donc pas, pour de nombreux contribuables, une année « blanche ».

Ce qu’il faut retenir pour 2017

En fonction de la situation de chacun, et dans la mesure du possible, il serait préférable :

  • Soit de concentrer ses charges foncières en 2017 dans le cas oĂą elles reprĂ©senteraient plus du double des revenus fonciers positifs. 
  • Soit, Ă  dĂ©faut, d’attendre 2019.

Conséquences de l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au regard des opérations de restauration immobilière réalisées sous le régime « Malraux »

Conséquences de l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au regard des opérations de restauration immobilière réalisées sous le régime « Malraux »

BREF RAPPEL DU REGIME  Â«Â MALRAUX »

Le rĂ©gime Malraux permet une rĂ©duction d’impĂ´t de 22% ou 30% (selon le secteur au sein duquel se trouve l’immeuble) des dĂ©penses de travaux Ă©ligibles.

Rappelons que la rĂ©forme de ce rĂ©gime, Ă  l’occasion de la loi de finances rectificative pour 2016, pour en amĂ©liorer l’impact fiscal (dĂ©plafonnement des dĂ©penses Ă©ligibles au titre de la mĂŞme annĂ©e et mĂ©canisme de report de la rĂ©duction excĂ©dentaire le cas Ă©chĂ©ant) a fait l’objet d’une prĂ©cĂ©dente publication de notre part.

L’IMPACT DE L’INSTAURATION DU PRELEVEMENT A LA SOURCE DE L’IR SUR CE REGIME

Les dépenses de travaux éligibles réalisées au cours de l’année 2017 permettront de bénéficier d’une réduction d’impôt imputable dans les conditions de droit commun.

L’impact fiscal du régime est préservé par la mise en place du mécanisme suivant :

  1. L’IR 2017 sera calculé sur les revenus 2017 dans les conditions de droit commun ;
  2. Le CIMR sera calculé pour neutraliser l’IR 2017 dû à raison des seuls revenus ordinaires ;
  3. Les crédits et réductions d’impôt s’imputeront en priorité sur l’IR 2017 initialement calculé, l’imputation du CIMR n’intervenant que dans un second temps ;
  4. Le CIMR ayant la nature d’un crĂ©dit d’impĂ´t restituable, son excĂ©dent, après imputation sur un Ă©ventuel reliquat d’IR 2017, fera l’objet d’un remboursement par l’Etat dans le courant de l’annĂ©e 2018. 

A titre d’exemple : 

  1. L’IR 2017 de M. X est de 100 ;
  2. M. X percevant des revenus exceptionnels, son CIMR est de 80 ;
  3. M. X bénéficiant d’une réduction d’impôt Malraux de 30, celle-ci s’impute en priorité sur l’IR 2017 de 100 initialement calculé ;
  4. Le CIMR de 80 s’impute ensuite sur le reliquat d’IR 2017, soit 70 : M. X se fera rembourser le surplus de CIMR, soit 10, correspondant bien au montant de sa rĂ©duction Malraux excĂ©dant l’IR dĂ» au titre de ses revenus exceptionnels (30 – (100-80)).    —> Si M. X n’avait aucun revenu exceptionnel, il aurait bien aussi Ă©tĂ© remboursĂ© de 30

Pour les annĂ©es suivantes, il est Ă  noter que le taux de prĂ©lèvement Ă  la source applicable dĂ©pendra du montant d’IR dĂ» l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente avant imputation des crĂ©dits et rĂ©ductions d’impĂ´t : le contribuable se verra donc, Ă  revenus et montants de travaux constants, prĂ©levĂ© d’un montant supĂ©rieur au montant d’IR qui sera effectivement dĂ» compte tenu des rĂ©ductions et crĂ©dits d’impĂ´ts rĂ©alisĂ©s. 

L’excédent prélevé (correspondant au montant des réductions et crédits d’impôt) fera alors l’objet d’un remboursement par l’Etat l’année suivante lors de la régularisation annuelle.

Les réductions d’impôt, telles que la réduction Malraux, seront donc sans incidence sur le taux de prélèvement à la source qui s’appliquera.

CONCLUSION

Bien que conservant toute sa portĂ©e, la rĂ©duction d’impĂ´t Malraux conserve aussi ses mĂŞmes limites : les contribuables ne pourront en effet se voir rembourser une somme supĂ©rieure au montant de leur IR 2017 thĂ©orique. Nul effet d’aubaine Ă  saisir donc.

Tant les contribuables dont l’investissement est en cours que ceux qui en rĂ©aliseraient un Ă  compter de l’annĂ©e 2017 ne verront donc leur fiscalitĂ© ni pĂ©nalisĂ©e, ni amĂ©liorĂ©e par l’instauration du prĂ©lèvement Ă  la source. 

Rappel du particularisme de l’année 2017

L’IR relatif aux revenus de l’annĂ©e 2017 sera neutralisĂ© par un crĂ©dit d’impĂ´t exceptionnel dit de modernisation du recouvrement (« CIMR »). Cependant, seul l’IR relatif Ă  certains revenus considĂ©rĂ©s comme ordinaires se verra neutralisĂ© par ce crĂ©dit d’impĂ´t : l’IR affĂ©rent aux revenus considĂ©rĂ©s comme exceptionnels au sens de cette mesure ne fera, pour sa part, l’objet d’aucune neutralisation. 

Partant, l’année 2017 ne sera donc pas, pour de nombreux contribuables, une année « blanche ».

Ce qu’il faut retenir pour 2017

Le Malraux conserve sa portée pour les investissements en cours et à venir.
Par ailleurs, il pourra se révéler être une alternative à étudier pour les profils dont le CIMR impacterait défavorablement d’autres typolo-gies d’investissement.

Loi « Sapin II » : la gestion du patrimoine immobilier des collectivités publiques soumise à publicité et mise en concurrence

La loi n° 2016-1691 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique -dite loi « Sapin II »- entend modifier en profondeur la pratique des collectivités dans la gestion de leur domaine immobilier en intégrant une logique concurrentielle dans le but d’une meilleure valorisation économique de ce patrimoine. L’article 34 prévoit que, désormais, tant la délivrance des autorisations d’occupation du domaine public que les opérations de cession immobilière devront préalablement respecter des obligations de publicité et de mise en concurrence.

La mise en concurrence des titres d’occupation du domaine public

Le refus traditionnel d’une obligation de mise en concurrence

Alors que les obligations de publicité et de mise en concurrence préalables à la passation des contrats publics se multipliaient, et bien que la délivrance de titres d’occupation du domaine public puisse à l’évidence, dans certains cas, avoir une influence sur l’activité économique des opérateurs privés (mais aussi publics), droit interne comme droit de l’Union européenne ne reconnaissaient pas, en la matière, l’existence d’une telle obligation.

Le Conseil d’Etat affirmait en 2010 Â« qu’aucune disposition lĂ©gislative ou rĂ©glementaire ni aucun principe n’imposent Ă  une personne publique d’organiser une procĂ©dure de publicitĂ© prĂ©alable Ă  la dĂ©livrance d’une autorisation ou Ă  la passation d’un contrat d’occupation d’une dĂ©pendance du domaine public Â» (CE, Sect., 3 dĂ©cembre 2010, Ville de Paris c. Asso. Jean Bouin, n° 338272).

La consécration d’une obligation partielle de mise en concurrence

En 2016, et par deux fois, cet état du droit a été considérablement modifié.

En effet, par une dĂ©cision Promoimpresa du 14 juillet 2016, la Cour de justice de l’Union europĂ©enne a posĂ© le principe selon lequel la dĂ©livrance d’une autorisation d’occupation Ă  un opĂ©rateur Ă©conomique qui conditionne, du fait de la raretĂ© du nombre des autorisations disponibles,  l’exercice d’une activitĂ© Ă©conomique, doit ĂŞtre soumise Ă  publicitĂ© et mise en concurrence prĂ©alable.

L’article 34 de la loi Sapin II a donc habilitĂ© le gouvernement a « moderniser et simplifier Â» les règles d’occupation et de sous-occupation du domaine public, en vue de prĂ©voir de telles procĂ©dures prĂ©alables Ă  l’attribution de « certaines Â» autorisations domaniales. Ces autorisations devraient certainement ĂŞtre celles conditionnant l’exercice d’une activitĂ© pour laquelle plusieurs opĂ©rateurs seraient susceptibles d’être mis en concurrence (a contrario de celles concernant les terrasses de cafĂ© par exemple).

La securisation des transactions immobilieres des collectivités publiques

L’application de procédures de publicité et mise en concurrence préalables

En l’état du droit, les opérations des collectivités publiques portant sur la cession ou l’acquisition d’immeubles ne sont soumises à aucune obligation de publicité et mise en concurrence préalables.

Si l’ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchĂ©s publics a prĂ©vu,  Ă  son article 14, que les marchĂ©s d’acquisition de biens immeubles demeuraient exclus du droit de la commande publique et donc des obligations de mise en concurrence, l’article 34 de la loi « Sapin II Â» habilite le Gouvernement Ă  prĂ©voir de telles mesures pour les opĂ©rations de cessions immobilières.

Il convient de remarquer que ces dispositions, contrairement Ă  celles concernant les autorisations domaniales, ne semblent pas s’intĂ©resser uniquement Ă  « certaines Â» opĂ©rations de cession. Ainsi, Etat et collectivitĂ©s territoriales devraient bientĂ´t ĂŞtre tenus de soumettre toutes leurs opĂ©rations immobilières au libre jeu de la concurrence, ce qui est rĂ©putĂ© de nature Ă  assurer une meilleure valorisation de leur domaine.

La possibilité de conclure des avant-contrats

La pratique de la cession des biens immobiliers des collectivitĂ©s territoriales veut souvent que les parties tentent de conclure des avant-contrats, notamment prĂ©alablement Ă  l’intervention de l’autoritĂ© dĂ©libĂ©rante, seule compĂ©tente pour se prononcer sur les opĂ©rations immobilières de collectivitĂ© (v. not. art. L. 2241-1 du CGCT pour la commune). Reste qu’à dĂ©faut d’habilitation, ces compromis et promesses signĂ©s par l’autoritĂ© exĂ©cutive sont considĂ©rĂ©s comme nuls et qu’aucune des parties ne peut s’en prĂ©valoir (CA Bordeaux, 1ère ch. civ., 30 mai 2014, Cne de Saussignac, n° 12/06792).

C’est pourquoi, dans une logique de sĂ©curisation, l’habilitation -donnĂ©e au gouver-nement par l’article 34- relative la modernisa-tion des règles rĂ©gissant le transfert de propriĂ©tĂ© des collectivitĂ©s devrait permettre, une fois l’ordonnance prise, la conclusion de ce type de contrat (selon le rapport du dĂ©putĂ© S. Deneja fait au nom de la commission des lois de l’AssemblĂ©e Nationale).

A noter :

  • L’ensemble des mesures qui ont Ă©tĂ© dĂ©crites devront ĂŞtre prises par le Gouvernement dans un dĂ©lai de douze mois prĂ©vu par la loi « Sapin II Â» Ă  compter de sa promulgation, c’est-Ă -dire d’ici le 9 dĂ©cembre 2017.
  • En plus des modifications relatives Ă  la gestion du domaine des collectivitĂ©s publiques, les disposi-tions de la loi du 9 dĂ©cembre 2016 entendent complĂ©ter et achever la rĂ©forme du droit de la commande publique opĂ©rĂ©e par les ordonnances de 2015 et 2016. Au-delĂ  de quelques dispositions Ă©parses, l’article 38 habilite le gouvernement Ă  adopter la partie lĂ©gislative du futur code de la commande publique d’ici le 9 dĂ©cembre 2018.